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Interview avec Fouzia, la créatrice de Soo Mee

Interview avec Fouzia, la créatrice de Soo Mee

Un nouveau mois, une nouvelle interview ! Peut-être avons-nous tendance à l’oublier mais derrière chacun de nos vêtements se trouvent plusieurs personnes qui ont imaginé, dessiné et créé les habits que nous portons aujourd’hui. Dans nos discussions durables, nous donnons souvent la parole aux bloggers. Ce mois-ci, je voulais mettre en lumière la démarche d’une créatrice, celle de Fouzia, co-fondatrice et designer de la marque de mode responsable Soo Mee. D’ailleurs, vous m’avez sans doute déjà vu porter ses créations ici et ! Sans plus attendre, nous partons à la rencontre de la pétillante et sans filtre Fouzia qui a répondu à mes 5 questions. (Je pense que la dernière vous intéressera particulièrement… les prix de la mode éthique).

Soo Mee - Mode éthique, rencontre avec la créatrice

1. Qu’est-ce qui t’as motivé à créer Soo Mee ?

Au départ une envie d’entreprendre et de m’impliquer dans un projet qui compte pour moi avec une amie de longue date.
On a réuni nos passions, le voyage et la mode, avec notre touche personnelle pour créer une marque unique sur le marché de la mode éthique.
On voulait absolument sortir de la standardisation et l’uniformisation mais surtout toucher des femmes de toute horizon.
Nos engagements sont ceux pris dans nos vies personnelles qu’on a simplement continué et développé avec la marque.
Pour nous la femme Soo Mee se veut stylée, singulière et socialement responsable.

2. Quelle est l’origine du nom Soo Mee ? Et qu’est-ce que cela signifie ?

Il est très difficile de trouver le nom d’une marque. Certains vont au plus simple et opte pour leur nom ou initiales. On voulait quelque chose de plus originale qui nous représente nous mais aussi nos clientes.

Soo Mee est un prénom féminin d’origine coréenne qui signifie belle et gracieuse. Cela représente parfaitement ce que l’on souhaite que vous ressentiez en portant nos créations.

Le nom de notre marque est aussi un clin d’œil à la Corée du Sud, un pays qu’on affectionne particulièrement pour sa beauté, sa culture mais aussi ces gens. On y était en 2015 et on hâte de pouvoir y retourner mais surtout travailler sur une collection qui vous y fera voyager.

Soo Mee - Mode éthique, les matières et tissus européens

3. Pour toi, c’est quoi une mode responsable ?

Une mode responsable est une mode de qualité, respectueuse de l’environment, de l’homme et qui cherche à réduire l’impact environnemental du produit tout au long de son cycle de vie.
Chez Soo Mee, ça passe par des vêtements de qualité produits localement, à la demande et avec une démarche zéro déchet.
On a pas encore une maîtrise parfaite de notre chaîne de valeur mais on travaille activement sur le sujet.

4. Avec quelles matières travailles-tu principalement ? Et quels sont tes critères de sélection ?

On travaille en majorité avec des matières en fibres naturelles : du lin, coton et laine. Pour les provenances hormis les tissus achetés en déstockage, on privilégie les tissus européens.
Quand je recherche des tissus pour une nouvelle collection, je fais une sélection en fonction de la saison, du thème mais surtout je privilégie la qualité.

Soo Mee - Mode éthique et transparence, l'étape de fabrication Made in France

5. Les prix des marques de mode éthique sont plus élevés que ceux des enseignes conventionnelles et sont souvent un frein pour les consommateurs. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi ça coûte plus cher ?

Nos prix sont plus élevés que les enseignes conventionnelles puisque nous produisons localement. Le coût de la main d’œuvre française est plus élevé qu’à l’étranger. Mais c’est un moyen de booster l’économie française et maintenir les emplois dans le secteur de la confection en France.
On produit en petite quantité et à la demande dans un petit atelier. C’est plus cher que de produire en grande quantité dans une usine de confection.
C’est également le même système pour les matières premières.
En tant que designer, notre pouvoir de négociation auprès des fournisseurs est faible.
Même en réduisant nos marges au maximum, nous ne pouvons pas rivaliser avec les grandes enseignes sur les prix.
On se différencier par l’originalité, la qualité et la durabilité de nos produits.

J’espère que cette interview vous aura plus. Un grand merci à Fouzia pour nous avoir expliqué sa vision de la mode responsable et sa démarche avec Soo Mee. Et pour rendre toujours plus accessible la mode éthique, elle vous offre une réduction de 10% avec le code BLOOMERS10.

Vous pouvez suivre la marque sur vos réseaux sociaux préférés, Instagram et Facebook pour vous tenir à jour des nouveautés.

N’hésitez pas à poser vos propres questions en commentaire ci-dessous ! On se retrouve en Octobre pour une prochaine discussion durable !

Interview avec Verena Erin de My Green Closet

Interview avec Verena Erin de My Green Closet

Les Discussions Durables sont de retour chaque premier jeudi du mois ! Et pour ce re-lancement, j’ai l’immense plaisir de vous présenter Verena Erin du blog et de la chaine YouTubeMy Green Closet. Canadienne expatriée en Allemagne, Erin partage principalement en vidéo ses conseils et astuces pour nous aider à construire une garde-robe responsable, minimaliste et durable. Sa spécialité : les capsule wardrobes ! Sans plus attendre, je vous laisse découvrir son parcours vers une mode mais aussi un style de vie éco-responsables.

En étudiant et en travaillant dans le secteur de la mode, tu as pris connaissance des effets néfastes de cette industrie sur notre planète et notre société. Te souviens-tu d’un moment ou d’un évènement précis qui t’a fait réalisé que tu voulais travailler pour une mode responsable ?

Lorsque j’ai pris connaissance des effets néfastes de la mode, à chaque fois que j’essayais de résoudre un problème, j’en découvrais d’autres. J’étais accablée. Je me suis dit que je ne pouvais pas faire partie d’une telle industrie. Cependant, découvrir des marques aux pratiques responsables qui respectaient leurs employés tout en essayant de réduire leur impact environnemental, m’a donné espoir. J’ai vraiment été inspiré par cette mode plus respectueuse et c’est à ce moment là que j’ai réalisé que je voulais faire partie du mouvement « slow fashion ».

Comment as-tu commencé à bloguer/vloguer ? Quelle a été ta motivation ? Qu’est-ce que cela signifie pour toi ?

J’ai commencé ma chaîne Youtube car j’avais un peu de temps libre. Je me suis dit que ça pouvait être sympa de parler d’un sujet qui me passionnait. Au début, j’ai essayé de bloguer mais je n’étais pas très à l’aise à l’écrit. Parler à la caméra était beaucoup plus naturel pour moi et j’aimais beaucoup le côté créatif de l’édition vidéo. Ça a commencé comme un hobby ; je postais des vidéos de temps en temps. Et puis j’ai commencé à recevoir pas mal de commentaires et messages de personnes sur comment mes vidéos les avaient aidées à se construire une capsule wardrobe, à acheter davantage de seconde main ou à connaître des marques éthiques et durables. A partir de là, j’ai compris que je pouvais sensibiliser et faire la différence avec mon contenu. C’est toujours un honneur d’entendre que mes conseils ont aidé quelqu’un à construire une garde-robe plus responsable.

Chaque saison, tu nous montres tes nouvelles capsule wardrobes. Peux-tu nous décrire un peu plus ton approche et quels sont les avantages d’une garde-robe capsule ?

Quand j’ai commencé à me pencher sur le sujet d’une mode plus responsable, j’ai rapidement réalisé que mes habitudes shopping fast-fashion devaient changer. Du coup, j’ai décidé d’acheter moins mais mieux en me concentrant sur des pièces que j’aimais vraiment et que je puisse porter souvent tout en ayant l’option de créer des tenues bien différentes.
Le concept de la capsule wardrobe était vraiment ce que je recherchais ; une garde-robe à la fois minimaliste, réfléchie et polyvalente. Dans la foulée, j’ai découvert le Project 333 challenge (porté 33 pièces sur 3 mois). J’ai décidé de relever ce défi pendant 1 an et au final, ça fait 4 ans que je vis avec une garde-robe minimaliste !
J’aime l’idée de ne plus me stresser pour savoir ce que je vais porter. J’achète seulement quand j’ai besoin de quelque chose pour ma prochaine capsule wardrobe. Ma penderie est uniquement remplie de pièces que j’aime porté.
D’ailleurs, l’un des concepts des garde-robes capsules est de mettre de côté certaines pièces de votre dressing pour venir les réintégrer dans une future capsule wardrobe. De cette façon, vous avez l’impression d’avoir de nouvelles pièces. 
Et comme j’ai beaucoup moins de vêtements, je peux me permettre d’investir dans des pièces de qualité et du coup, être plus consciente de ce que j’achète.

Sur ton blog/chaîne Youtube, tu présentes également des produits de beauté. Quels sont tes produits cosmétiques naturels ou DIY préférés et pourquoi ?

J’adore les huiles que j’utilise depuis un moment maintenant, aussi bien pour le visage que pour le corps. Les huiles pures sont géniales. Vous pouvez les choisir en fonction de votre type de peau. J’ai récemment testé les huiles mixtes dont l’huile pour le visage Aphrodite de chez MOA et j’utilise actuellement une mixture d’huiles pour le corps que j’ai acheté chez Organii (leur propre ligne) lors de mon passage à Lisbonne. Elle sent trop bon !
Sinon, mon DIY beauté préféré est le déodorant à l’huile de coco + bicarbonate de soude + arrowroot powder (poudre marante). Il est super efficace !

Plus généralement, tu apportes tes conseils pour adopter un mode de vie durable. Quelles seraient tes astuces ou mises en pratiques essentielles pour adopter ce style de vie ?

Nous devons prendre le temps de se poser les bonnes questions car les achats impulsifs sont ici, le problème majeur. La plupart d’entre nous possédons plus que le nécessaire dans notre garde-robe. Commencer par se poser les questions suivantes peut nous aider à réduire notre consommation voire même, nos déchets :

  • Pourquoi ai-je besoin de ça ?
  • Quand et où vais-je l’utiliser ?
  • Combien de temps vais-je l’utiliser ?
  • Existe-t-il une meilleure option ?

Je trouve important d’apporter un peu de réflexion dans sa façon de faire du shopping.

Merci Erin d’avoir partagé un bout de ton histoire avec nous. Vous pouvez suivre My Green Closet sur Youtube et Instagram @verenaerin.

Je vous donne rdv le 3 mai pour une nouvelle discussion durable ! J’ai hâte de vous dévoiler la prochaine interviewée !

Bloomers, l’évolution de The Pastel Project

Bloomers, l’évolution de The Pastel Project

Voilà ! Le Big Day est arrivé ! Julian et moi sommes extrêmement heureux et anxieux, on ne vous le cache pas, de vous présenter notre nouvelle plateforme de communication mode et vie éco-responsables, Bloomers. C’est aussi avec beaucoup de tristesse que nous avons dit au revoir à The Pastel Project même si Bloomers n’est autre que son évolution naturelle. On vous raconte tout ci-dessous !

Quick Historique :

J’ai commencé l’aventure du blogging en 2014 en fondant The Pastel Project, un blog mode classique autour des couleurs pastel. Dès le lancement, Julian fut directement impliqué comme photographe.

Depuis toujours sensible aux questions environnementales, c’est début 2016, après avoir visionné une vidéo sur le style de vie sans plastique et zéro déchet que je décide de changer ma façon de consommer. Quelques jours plus tard, mon agence de relations presse me présente une marque de mode éco-responsable et ce fut le déclic ; terminé les achats de vêtements fast fashion chez Zara, H&M et compagnie.

Et puis en janvier 2017, pendant la période des soldes,  je me lance un défi slow fashion (ne rien acheter et créer de nouvelles tenues avec les vêtements déjà présents dans ma garde-robe). Depuis cette date, c’est devenu un chemin à sens unique, une marche arrière impossible.

Changer ses habitudes de consommation en achetant moins mais mieux pour le respect de l’environnement et de l’homme, c’est possible. C’est le message que j’ai voulu vous transmettre tout au long de 2017 et que nous continuerons à vous transmettre en 2018.

Mais alors…

Pourquoi un changement de nom et une nouvelle identité ?

L’idée de changer de nom et d’identité visuelle a mûri pendant plus d’un an, avec beaucoup de va-et-vient. Les premiers questionnements se sont posés lorsque j’ai naturellement introduit des marques de mode éthique, produits cosmétiques green et des astuces écologiques sur The Pastel Project. Mi-2017, Julian m’a rejoint pour faire grandir ce projet et de fils en aiguilles, il est passé devant la caméra. L’univers de la mode responsable et plus largement la thématique du développement durable, sont des thèmes principalement abordés par la communauté féminine. Grâce à votre enthousiasme suite aux publications Slow Fashion Homme, nous avons compris que la gente masculine devait également avoir sa place et qu’il fallait démocratiser cet univers pour ces Messieurs. Pour toutes ces raisons, nous avons souhaité faire évoluer notre identité visuelle afin que l’homme puisse également s’identifier (je vous invite à aller voir les pages homme 😉 ), sans pour autant perdre l’esthétique des couleurs pastel. Même si The Pastel Project restera encré en moi pour toujours, la volonté de changer de nom s’est installée naturellement au fil du temps.

Alors, pourquoi Bloomers.eco ? 

Telle une fleur qui éclot au printemps, Bloomers nous évoque la renaissance, la prise de conscience, notre processus d’évolution vers une mode et une vie éco-responsables.

Quant au domaine, nous avons fait le choix de partir sur un .eco. Cette qualification s’est révélée comme une évidence puisque la racine de notre évolution a commencé par une motivation écologique. Nous sommes super contents d’appartenir à ce réseau d’entreprises et d’organisations à but écolo. 

Par ailleurs, derrière le mot Bloomers se trouve une forte signification à dimension vestimentaire et sociale. Je vous en dis plus ci-dessous. 

Quick historique :

En anglais, le mot bloomers signifie culotte bouffante. Au XIXème siècle, ces culottes bouffantes initialement connues comme pantalons à la turque, étaient uniquement portés par les hommes.
Aux États-Unis, dans le milieu des années 1800, des féministes ont commencé à porter ces pantalons bouffants par hygiène et commodité, notamment pour se déplacer en bicyclette. Son nom vient de la militante, Amelia Jenks Bloomer, rédactrice pour The Lily, un journal engagé pour le droit des femmes, édité par des femmes.

En somme, les Bloomers font partie des prémices de la réforme des codes vestimentaires et sont devenus un emblème de progrès pour l’émancipation des femmes et l’égalité des sexes à travers la mode.

Sur Bloomers.eco nous voulons être à l’initiative de la réforme des pratiques environnementales et sociales de l’industrie de la mode.

Choix de la langue – le français

Lorsque j’ai lancé The Pastel Project, je résidais à Berlin. Evoluant dans un environnement très international, je trouvais naturel de rédiger mes articles en anglais et français. Puis, Julian devenant plus impliqué au sein du blog, nous avons ajouté l’espagnol afin que son entourage puisse lire et comprendre notre travail. Nos articles devenant de plus en plus informatifs, les heures de traduction prenaient la moitié du temps de production. Cela devenait ingérable. C’est pourquoi, sur BLOOMERS nous avons pris la décision, pour le moment, de rédiger nos articles uniquement en français, pour vous fournir du contenu de qualité plus rapidement. Nous espérons, en grandissant, pouvoir intégrer des rédacteurs-traducteurs à notre équipe car les langues et leur richesses nous tiennent à coeur.

Quick historique :

Je suis française d’origine italienne. Je suis née en Haute-Savoie et j’ai passé toute mon enfance dans le Pays de Gex, région frontalière avec la Suisse, là où Voltaire a passé les dernières années de son existence.

Julian est argentin d’origine italienne. À 11 ans, il déménage aux US puis à 15 ans, il emménage dans le sud de l’Espagne.

Nous nous sommes rencontrés en Angleterre durant notre année d’Erasmus en 2009. Notre relation a commencé sur des échanges en anglais et lorsque Julian m’a rejoint en France en 2011, nous avons fait le choix de parler en français.

Ceci dit, si vous nous croisez dans la rue, vous nous entendrez sûrement switcher du français à l’espagnol-argentin avec des mots d’anglais. Bref, parfois nos cerveaux partent dans tous les sens ! It’s a mess !
Qui est dans le même cas ?

Qu’allez-vous découvrir sur Bloomers ?

Comme Bloomers n’est autre que l’évolution naturelle de The Pastel Project, vous retrouverez tous les anciens articles de beauté green, de mode et style de vie éco-responsables.

Mode

Néanmoins, nous avions envie d’aller plus loin dans notre démarche en vous proposant non seulement des articles de mode éthique pour femme mais également pour homme. Vous retrouverez ces articles dans les onglets Pour Elle, Pour Lui et Pour Elle et Lui.

Beauté, Voyage et Zéro Déchet

Nous vous suggérerons toujours plus d’astuces écologiques et zéro déchet et des produits cosmétiques naturels et bio. Voyageurs conscients dans l’âme, nous continuerons à vous faire voyager à travers nos éco-city guides.

Je m’informe

D’un autre côté, nous voulions absolument développer une rubrique ressources à retrouver sous l’onglet Je m’informe. Sur cette page, nous avons redonné vie aux discussions durables en partageant les expériences d’autres acteurs dans les domaines de la mode et du développement durable en général. Nous désirions également réunir dans un glossaire tous les termes et leurs définitions liés au monde durable et responsable. Ce dernier sera complété au fur et à mesure. Et pour finir, vous trouverez une page multimédia sur laquelle nous proposons des livres et des vidéos autour de la mode éthique et du style de vie écologique et conscient. L’objectif : rassembler toutes les informations qui nous ont permis d’évoluer vers un mode de vie plus respectueux de l’homme et l’environnement.

Les Marques

Et ce n’est pas tout ! En haut à droit du menu se trouve l’onglet intitulé Les Marques. Nous avons créé cette section pour faciliter votre recherche de marques éco-responsables allant de la mode femme, homme et enfant, de la beauté, au mobilier de maison. Nous avons ajouté des icônes pour identifier les éthiques de chaque marque. Cette catégorie est en cours d’actualisation et sera étoffée régulièrement.

Pour finir, nous aimerions vous remercier pour votre fidèle soutien et d’être toujours plus nombreuses et nombreux à nous suivre ici et sur les réseaux sociaux. Nous avons hâte de vous lire, de connaître vos impressions sur cette nouvelle identité et nous restons bien entendu à votre disposition pour toutes questions.

Bisous, Julian & Margot

Interview avec Manon de Happy New Green

Interview avec Manon de Happy New Green

Bonjour ! Nous sommes le premier jeudi du mois de Mai et me voici de retour avec une nouvelle interview “Discussion Durable”, votre rendez-vous mensuel pour découvrir les expertes de mode éthique, de beauté green ou de style de vie responsable. Aujourd’hui, j’ai l’honneur de vous présenter Manon du blog Happy New Green que j’ai connu grâce à Emilie de la boutique en ligne Dressing Responsable.

Manon du blog Happy New Green – Photo par Marie-Louise, Agence Photo Sight by Sight.

 

Née à Nice et actuellement basée à Paris, Manon partage avec nous ses looks Made in France ou éco-responsables, ses coups de coeur créateurs et ses guides pratiques sur une mode plus consciencieuse. Son blog est un véritable annuaire de marques slow fashion ! Sans plus attendre, je vous laisse découvrir notre conversation pour en savoir plus sur son parcours et ses astuces pour atteindre un style de vie responsable.

Margot : Quand et comment as-tu commencé à t’intéresser à la mode éthique ?

Manon : J’étais déjà assez sensibilisée à l’écologie et au développement durable, notamment au niveau de mon alimentation. J’ai commencé à m’intéresser à la mode éthique en 2014, quand j’ai commencé à regarder les étiquettes et à acheter davantage de produits “fabriqués en France”. Je me suis alors rendu compte que le “made in France” n’était pas toujours synonyme d’éthique, alors j’ai commencé à faire des recherches poussées sur le sujet. J’ai compris que derrière un t-shirt à 10€, c’était la planète et les ouvriers du textile qui payaient le prix fort…

{Manon porte un pull de la marque française, Carrousel Clothing. Existe en rose, bleu et vert eau.}

Margot : Quel a été l’élément déclencheur qui t’a donné envie de partager ton mode de consommation responsable au travers de Happy New Green ?

Manon : J’ai lu un livre, Vers une consommation heureuse d’Elizabeth Laville, qui dit quelque chose d’évident mais de pourtant peu évoqué dans notre société matérialiste : la sur-consommation ne rend pas heureux. J’ai eu un déclic : il fallait que je crée un blog pour partager mes découvertes éco-responsables.

Margot : Quel a été ton premier achat mode éco-responsable ?

Manon : Je crois que c’était une jupe Les Petites jupes de Prune, avec des rayures couleur menthe et grise, et fabriquée par la créatrice à Paris. Ou bien c’était des t-shirts en lin ou modal de chez Ekyog !

Margot : Quelles sont tes 3 pièces mode préférées pour ce printemps ?

Manon : Mon manteau, mon pull en laine et mes bottines ? Non plus sérieusement je porte beaucoup une robe Masscob trouvée à un vide dressing. Je sors aussi ma veste colorée Roseanna fabriquée en France et des baskets Veja couleur gold.

Margot : Tu as tout récemment collaboré avec la marque Mue Store sur la création d’une robe. Pourrais-tu nous en dire plus ?

Manon : J’ai eu le plaisir de créer une robe avec Mue Store, qui propose des robes et jupes sur-mesure fabriquées en France, dans les Yvelines. J’ai pu apprécier l’innovation technologique puisqu’il suffit d’envoyer deux photos de vous et le patron se fait automatiquement. Mon idée était de choisir une coupe simple, pour ne pas se lasser, et un tissu confortable, en l’occurence un jacquard stretch, tissé dans la Loire. J’aime beaucoup le fait que cette pièce s’adapte à toutes les femmes : vous pouvez choisir la couleur bien sûr, mais aussi la profondeur du décolleté, la longueur de la robe et l’entrave (vive le sur-mesure !). Vous pouvez voir le résultat sur le site de la marque, ici.

Margot : Quels sont tes conseils et astuces pour se constituer une garde-robe responsable ?

Manon : Je conseillerais de privilégier les basiques, afin de pouvoir porter une plus grande partie de sa garde-robe, mais aussi jeter un coup d’oeil sur les soldes et acheter vintage pour compenser le prix de certaines pièces éthiques. Et puis lors de l’achat, se demander si on a dans sa penderie des vêtements à mettre avec, si le vêtement va bien à sa morphologie, et si on aura l’occasion de le mettre souvent. J’ai d’ailleurs publié des conseils pour une garde-robe éthique et pas chère sur le blog, ici !

Margot : Où pouvons-nous facilement trouver des marques éthiques en ligne ou en boutique ?

Manon : Ekyog est une marque qui a de nombreux magasins en France. Je conseillerais aussi les e-shop de mode éthique comme Dressing ResponsableMade & More et Centre Commercial, qui permettent de shopper plusieurs marques selon ses goûts.

Margot : Penses-tu que l’on peut convaincre quelqu’un d’abandonner la fast-fashion ? Si oui, quels seraient tes arguments ?

Manon : Oui bien sûr ! Je parlerais de mon expérience : j’ai été quelqu’un qui “consommait” beaucoup de vêtements. Mais je n’ai jamais eu autant de plaisir à m’habiller que depuis que j’ai adopté une mode plus juste. C’est devenu une source d’épanouissement pour moi. Je discute avec des personnes sensibles à ce sujet et je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment. C’est à la fois plus complexe car il faut prendre le temps de choisir les marques éthiques, mais en même temps plus simple car une fois qu’on a trouvé, on se cantonne à ces marques triées sur le volet. Plus de perte de temps à faire tout plein de magasins sans connaître les conditions de fabrication !

Margot : Sur Happy New Green, tu proposes aussi des alternatives cosmétiques et maquillage toujours naturelles et bio. Quels sont tes produits de soins et make-up préférés du moment ?

Manon : J’utilise un peu toujours les mêmes produits, mais en ce printemps qui se fait attendre j’aime particulièrement la crème réparatrice Weleda aux plantes médicinales, un blush Une Beauty pour la bonne mine, et le fameux enlumineur “living luminizer ” de RMS pour le côté glowy.

Margot : Pour finir, quels sont tes 3 conseils pour commencer un style de vie plus responsable ?

Manon : Selon moi il faut y aller par étapes. Commencer par le plus simple pour soi, et choisir de petits gestes qui ne demandent pas un gros effort : ne plus acheter certains objets et les remplacer par des alternatives durables, comme les cotons jetables. Ça permet de réaliser que des choses qui semblent parfois insurmontables sont en fait très faciles à mettre en place. Je ne suis pourtant pas du genre patiente !

Le deuxième conseil serait de se “dépolluer” la tête avec toutes les tentations quotidiennes : newsletters, invitations aux ventes privées, nouvelle collection hebdomadaire chez Zara… Le plus efficace étant de se désabonner et d’éviter les magasins de fast-fashion.

Je conseillerais enfin de commencer à ne plus acheter de vêtements pendant un moment,. C’est l’occasion de redécouvrir des pièces cachées au fin fond de ses placards ! Cela permet aussi de consommer en fonction de ses besoins : acheter moins mais mieux, c’est la clé.

Merci Manon d’avoir partagé ton style de vie responsable avec nous !
Suivez Manon sur Instagram @happynewgreen !

Découvrez l’interview avec Victoria du blog Mango and Salt.

N’hésitez pas à réagir à cette interview, à partager vos impressions et votre propre expérience en laissant un commentaire ci-dessous.
Bisous, Margot

Interview avec Louise du blog Alias Louise

Interview avec Louise du blog Alias Louise

Coucou tout le monde ! Je suis super contente de vous retrouver avec une 3ème interview de la série mensuelle Discussion Durable (ps: date de publication, tous les premiers jeudis du mois)! Aujourd’hui vous allez avoir le plaisir de découvrir la jolie Lilloise, Louise du blog Alias Louise, experte en green beauty, mode éthique et recettes saines.

Louise du blog Alias Louise

En petit préambule, j’aime bien vous raconter comment je suis venue à connaître les personnes que j’interviewe. L’année dernière, alors que je scrollais mon feed Hellocoton, le titre d’un article du blog Alias Louise a attiré mon attention. J’ai immédiatement accroché aux valeurs éthiques qu’elle relayait, sans parler de son style!
Je vous laisse à présent découvrir son interview dans laquelle elle partage avec nous, ses marques mode éthique préférées, ses produits cosmétiques naturels favoris et ses meilleures recettes vegan!

Margot : Tu es Ostéopathe de formation. Quel a été l’élément déclencheur qui t’as donné envie de lancer ton blog ?

Louise : J’ai toujours adoré lire des blogs. Quand j’étais plus jeune je lisais activement ceux de Garance Doré, Pandora ou encore the Cherry Blossom Girl, et je me souviens que le mode de vie de ces filles me faisait rêver. Sans parler de leurs magnifiques photos !
Car même si je me suis toujours orientée vers un métier de santé (j’ai notamment fait médecine avant mes études d’ostéo), la mode est un sujet qui me passionne depuis l’enfance.
J’ai donc commencé par faire quelques petits blogs mode lorsque j’étais au lycée (merci skyblog !), puis après le bac j’ai tout arrêté pour me consacrer à mes études.
C’est au milieu de celles-ci (il y a deux ans et demi donc) que mon copain de l’époque, qui me voyait passer des heures et des heures à lire des blogs, m’a poussée à créer mon propre blog, cette fois dans une optique un peu plus sérieuse.
J’avais en effet acquis de bonnes connaissances notamment en matière de beauté (sujet qui me plaît également énormément, j’étais d’ailleurs à l’époque une testeuse de makeup et soins visages compulsive), et mes copines me sollicitaient souvent pour des bons plans mode. De plus, j’avais développé déjà à ce moment là un grand intérêt pour la micro-nutrition (sujet que j’ai pu approfondir grâce à mes études), et j’ai ainsi lancé Alias Louise en Août 2014, sur les thèmes mode, beauté et recettes saines.

Margot : Quand et comment as-tu été introduite à la mode éthique ?

Louise : Avant de passer à la mode éthique, j’ai d’abord fait la transition au niveau des cosmétiques : moi qui achetait beaucoup de marques de luxe ou de parapharmacie, j’ai basculé très rapidement dans le « tout bio »  lorsque j’ai lu toutes les choses toxiques qu’on peut y retrouver.
Puis assez rapidement j’ai appliqué cette reflexion à ma garde-robe ; en effet je me suis rendu compte que la fabrication des fringues pouvait également nous être très toxique, et c’est après avoir lu pas mal de choses à ce sujet et avoir visionné le documentaire « The True Cost » (à propos de la mode éthique) que j’ai décidé de changer ma façon de consommer. Si je me rappelle bien, il me semble que cette prise de conscience s’est faite à peu près un an après la création de mon blog.

Margot : Te rappelles-tu de ton premier achat éthique ?

Louise : Oui je me rappelle très bien !
J’ai en fait découvert la marque l’Herbe Rouge lors d’un Marché des Modes à Roubaix (super évènement mode du Nord de la France, qui permet de découvrir plein de jolis créateurs), et je suis tout de suite tombée sous le charme de leurs créations éthiques et écologiques.
Mon premier achat était une blouse en lyocell bleue très jolie, que je présente d’ailleurs dans cet article.
C’est d’ailleurs après cette découverte que je me suis vraiment mise à fond dans la mode éco-responsable !

 Margot : Quelles sont tes 3 marques mode éthique préférées ?

Louise : J’aime beaucoup People Tree, qui propose de jolis basiques à des prix abordables, et sinon je suis totalement fan des marques américaines Reformation et Doên, plus onéreuses mais dont les pièces sont absolument magnifiques.

Margot : En combien de temps la transition entre achats dans les grandes enseignes traditionnelles et achats uniquement responsables s’est-elle faite ?

Louise : Je suis assez obsessionnelle dans mon genre, du coup à partir du moment où j’ai eu ma prise de conscience la transition s’est faite très très vite. Je dirais en quelques semaines !

Margot : La mode éthique englobe différents critères responsables. Il est difficile de tous les réunir dans un seul produit. Y-a-t-il un critère responsable que l’on pourrait majoritairement retrouver dans ta penderie ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Louise : Mon critère de base est l’éthique, car je ne peux plus supporter l’idée que les fringues que je porte puissent être fabriquées dans des conditions dangereuses et/ou de maltraitance humaine.
J’achète ainsi beaucoup de Made in France (notamment chez des marques comme Harpe ou Maison Cléo),  et lorsque je le peux j’aime avoir un vêtement à la fois ecofriendly et éthique. C’est notamment le cas avec Reformation, qui utilise des matières écologiques ou recyclées pour faire descendre au maximum son empreinte carbone et ses dépenses en eau, et qui fait fabriquer aux USA de façon éthique.

Je félicite également des marques comme Jan’n June, qui fabriquent en Pologne de façon éthique et qui utilisent des matières écologiques certifiées comme le coton bio, le lyocell et également des matières recyclées

 

Margot : Quels seraient tes conseils pour quelqu’un qui souhaiterait commencer à se constituer une garde-robe plus responsable ?

Louise : Mon premier conseil est de trier ses placards, et voir ce dont on a vraiment besoin avant d’acheter. Car une garde-robe « responsable » commence avant tout par arrêter de consommer à tout va.
J’ai moi-même eu cette prise de conscience il y a peu (j’en parle d’ailleurs dans cet article ); en effet pour avoir un vrai impact il ne s’agit pas seulement d’acheter que des vêtements éthiques et/ou bio, mais surtout d’acheter moins (et mieux !).
Je pense ensuite qu’il faut se détourner des grandes enseignes, qui ne proposent que de la « fast-fashion ».
Le mieux est de se faire à chaque saison une petite liste des pièces dont on a envie (afin de ne pas craquer sur la première tendance venue), et d’essayer de les trouver chez des marques plus responsables. Les prix seront bien sûrs un peu plus élevés, mais au bout du compte je pense qu’il vaut mieux s’acheter un joli haut de qualité à 60 euros que trois à 20 qui ne seront plus d’actualités dans quelques mois !

 

Margot : Sur Alias Louise, tu nous parles aussi de maquillage et cosmétiques bio/naturel. Quels sont tes 3 produits de beauté préférés du moment ?

Louise : Je suis une grande, grande fan de la marque Tata Harper, et je pense que mon produit de beauté favori est le baume multi-usages « Lip & Cheek », en teinte Very Vivacious, que j’utilise en blush crème au quotidien. Il donne vraiment bonne mine et tient toute la journée !
Je suis également en train de tester en ce moment la crème contour des yeux « Illuminating Eye Crème », toujours chez Tata Harper, formulée à la poudre de diamant et qui donne vraiment de la lumière au regard (et estompe joliment les cernes !).
Pour finir, je recommande également le Masque Purifiant AHA & Copaïba de chez Paï Skincare, qui fait une peau juste sublime !
J’ai déjà fini deux tubes et je pense sérieusement repasser commande.

Margot : Pour finir, durant tes années d’études en ostéopathie, tu t’es intéressée de près à la nutrition et tu dis être devenue vegan à 80%. Pourquoi ce choix ? Pourrais-tu partager avec nous tes 3 recettes vegan préférées ?

Louise : J’ai en fait toujours été très à l’écoute de mon corps, et fait très attention à mon alimentation.
Déjà avant de décider d’adopter une alimentation majoritairement « vegan », j’avais depuis un moment considérablement diminué ma consommation de laitages (qui me rendaient malade), et je n’ai de façon générale jamais été une grosse consommatrice de viande.
C’est en fait en visionnant le documentaire Cowspiracy sur Netflix, dont j’entendais parler depuis longtemps, que j’ai vraiment décidé de passer à ce mode de vie ; on y comprend en effet l’impact de la consommation de produits animaux sur la planète, et franchement ça fait peur !

Par exemple, saviez-vous que manger un hamburger (contenant un steak haché) revenait en pertes d’eau à laisser couler sa douche pendant deux mois ?! C’est effrayant.
Toutefois je dis « vegan à 80% » car il m’arrive de consommer des oeufs, du fromage, de la viande ou du poisson, notamment lorsque je suis invitée chez des gens ou que je vais au restaurant.
Par contre je peux dire que je mange vegan au quotidien !

Mes trois recettes vegan préférées sont très, très simples, et sont celles que je me fais le plus souvent :

  • Chia pudding : quelques heures avant dégustation (le mieux étant de préparer la veille pour le lendemain matin si vous souhaitez le déguster au petit-déjeuner), mélangez deux cuillerées à soupe de graines de chia avec environ 20 cL de lait végétal, et une cuillerée à soupe de sucre de coco (ou du sirop d’agave). Vous pouvez également ajouter une cuillerée à soupe de noix de coco râpée pour que le mélange soit un peu plus sucré. Versez dans un petit contenant et mettez le tout à reposer au frigo. Puis avant dégustation, ajoutez quelques fruits frais et/ou quelques oléagineux et régalez-vous !
  • Quinoa courgettes/champignons et dés de tofu : coupez les courgettes en petits morceaux, et faites-les revenir à feu moyen dans une poêle, avec une gousse d’ail haché et une bonne cuillerée à soupe d’huile d’olive. Lorsque les courgettes commencent à devenir translucides, rajoutez les champignons coupés en morceaux. Salez, ajoutez quelques herbes de provence, puis réservez.
    En parallèle faites cuire le quinoa, puis faites dorer le tofu coupé en cubes (mon préféré étant le tofu épinard-noisettes de chez Tossolia).
    Puis quand tout est cuit, mélangez les légumes, le quinoa et le tofu dans un grand bol, puis dégustez bien chaud !
  • Crumble pomme-banane et noix de coco : ma recette de dessert préférée, que tout le monde adore ! Retrouvez la recette complète ICI. Bon appétit !

Merci Louise, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions et d’avoir partagé ton voyage éthique et green avec nous!
Suivez Louise sur Instagram @aliaslouiseblog!

Je vous donne rdv le jeudi 6 Avril pour la prochaine Discussion Durable ! Et en attendant, allez voir l’interview de Emilie de Dressing Responsable.

Interview avec Emilie de Dressing Responsable

Interview avec Emilie de Dressing Responsable

Coucou les filles ! Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous retrouver pour la deuxième édition de mes interviews Discussion Durable, publiées chaque premier jeudi du mois sur TPP. J’ai l’honneur de vous présenter Emilie, fondatrice du e-shop Dressing Responsable, une boutique de vente en ligne de vêtements et accessoires éthiques pour femme.

C’est en juillet 2015 que nos chemins se sont croisés sur Facebook. A cette époque là, je ne peux pas dire que la mode dite responsable faisait partie de mes centres d’intérêts principaux… mais rien n’arrive par hasard…
Avec du recul (et presque 2 ans plus tard !), je vois cette coïncidence comme un signe du destin qui a envoyé la fée Emilie à ma rencontre.
Fin d’année 2016, lorsque j’ai décidé ne plus acheté dans les enseignes de fast-fashion, la fée Emilie, enfouie au fin fond de mon subconscient a refait surface. Dressing Responsable fut ma première destination mode éthique qui m’a entre autre permis de trouver mon pantalon d’hiver et de voyage préféré !
J’avais donc des tonnes de questions à lui poser à propos de son cheminement vers une consommation plus responsable; de son expérience personnelle à son parcours entrepreneurial qui l’ont menés à créer son e-shop.

Margot : Avant de lancer Dressing Responsable en 2014, quand et comment as-tu été introduite à la mode éthique ?

Emilie : Un jour, je me suis trouvée dans une situation financière un peu délicate, rien de bien grave mais cela m’a éloignée des magasins pendant quelques mois. Je me suis rendue compte que ça ne me manquait pas vraiment et je me suis mise à porter des vêtements qui dormaient dans mon armoire. A ce moment-là, j’ai eu une prise de conscience assez soudaine, je me suis demandée pourquoi j’achetais autant de vêtements alors que je ne les portais pas tous et de fil en aiguilles, je me suis demandée comment ceux-ci étaient fabriqués.

Margot : Quel a été ton premier achat ? 

Emilie : Dans mon cas, ça a plutôt été un « non-achat », car comme je l’ai dit, j’ai passé plusieurs mois sans acheter de nouveaux vêtements et c’est à ce moment-là que ma réflexion a vraiment commencé. Mon premier achat chez une marque éthique a été une paire de baskets Veja, après avoir fait quelques recherches. C’était l’une des rares marques que j’avais trouvée et qui correspondait à mes critères esthétiques à une époque où ce n’était pas toujours une préoccupation majeure des marques éco-responsables.

Margot : En combien de temps la transition entre achats dans les grandes enseignes traditionnelles et achats uniquement responsables s’est-elle faite ?

Emilie : Elle s’est faite assez rapidement, une fois que j’ai commencé à me poser des questions, c’est devenu plutôt évident. Il m’arrive tout de même de faire des écarts, car acheter responsable, ce n’est pas uniquement acheter des vêtements fabriqués de façon plus responsable, c’est aussi acheter moins mais mieux et surtout des vêtements qui nous vont vraiment, dont on a besoin pour compléter sa garde-robe. Donc si je ne trouve vraiment pas quelque chose dont j’ai besoin parmi les marques responsables et que c’est quelque chose que je n’ai pas envie d’acheter d’occasion (la dernière fois, c’était une paire de chaussures), je peux faire une exception. Mais elle est murement réfléchie et ce sont des chaussures que je porterais jusqu’à les avoir usées. C’est exceptionnel et j’ai décidé de ne pas culpabiliser.

 

*Julia porte ce foulard, ce topce pantalon – Photo par My Way Studio*

*Julia porte ce top et cette pochette – Photo par My Way Studio*

Margot : Quel a été l’élément déclencheur qui t’as donné l’envie de lancer ton e-shop ?

Emilie : J’ai avant tout eu envie d’entreprendre, de créer quelque chose par moi-même, et qui corresponde à mes valeurs. A partir du moment où j’ai décidé de sauter le pas, ça a été une évidence de faire quelque chose dans la mode éthique et d’aider ce domaine à se développer et se généraliser. L’idée de l’eshop est venue plus tard et après mon étude de marché. Elle est beaucoup plus rationnelle, je ne me suis pas levée un matin en me disant que j’avais envie de créer un eshop. J’ai surtout constaté que l’offre de mode éthique est très éparpillée et pour moi, c’est en la rassemblant qu’on pourra la promouvoir et avoir un vrai impact sur la façon de consommer des femmes.

Margot : Quelles sont les idées préconçues concernant les vêtements éthiques ?

Emilie : Chaque personne a les siennes mais globalement c’est qu’ils ne sont pas à la mode, qu’ils sont trop chers et qu’on ne sait jamais où les trouver. Heureusement, ces idées préconçues ont tendance à disparaitre, en tout cas, c’est un de mes objectifs pour Dressing Responsable. Les 2 premières ne sont plus vraies, quand à la dernière, il suffit d’avoir une connexion internet pour la dépasser.

Margot : La mode éthique englobe différents critères responsables. Il est parfois difficile de tous les réunir dans un seul produit. Comment sélectionnes-tu les marques pour Dressing Responsable?

Emilie : Je dirais même qu’il est impossible de tous les réunir et que cela ne doit pas être une finalité. La mode dite éthique est une mode plus raisonnée et raisonnable. Et il y a plein de façon de l’être ! Cela peut-être en produisant plus près de chez nous, en France ou en Europe Occidentale ou alors en produisant dans des pays en développement mais en y appliquant les mêmes règles environnementales et sociales que chez nous. Cela peut aussi être en utilisant des matériaux écologiques comme le coton bio, le lin ou alors en se fournissant en matières déjà existantes et en les réutilisant. Dans les deux cas, les deux conditions ne sont pas cumulables mais constituent une production plus responsable.

Sur Dressing Responsable, j’ai défini 6 critères assez larges qui rassemblent toutes ces différentes façons de produire des vêtements de façon plus responsable. Il y a les matières éco-responsables, les méthodes de production à impact limité sur l’environnement, le commerce équitable, le recyclage, la made in France et le made in Europe. Toute marque qui répond à au moins un de ces critères peut faire partie de la sélection de l’eshop. Mais c’est en terme de style que ma décision finale va se faire. Il s’agit de mode éthique et pas simplement d’habillement. Proposer des vêtements que l’on a envie de porter est important pour moi.

*Manon porte ce top, ce gilet & cette pochette – Photo Marie Louise de Sight by Sight*

Margot : Y-a-t-il un critère responsable que l’on trouve plus que d’autres sur ta boutique en ligne ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Emilie : Si c’est le cas, je suis très certainement en train de travailler pour changer cela et afin que tous les critères puissent être représentés de manière équitable et que chacune puisse trouver son bonheur. Nous n’avons pas toutes les mêmes valeurs, certaines femmes pensent qu’être responsable, c’est être végane, d’autres qu’on ne peut pas être responsable en produisant à l’autre bout du monde. Il y a aussi celles qui s’habillent responsable pour des questions de santé et donc s’orientent vers des matières biologiques, celles qui cherchent tout cela à la fois… Pour moi s’habiller responsable, c’est s’habiller en pleine conscience et en toute transparence. Et chacune doit pouvoir trouver des vêtements qui lui plaisent mais aussi qui sont fabriqués selon ses valeurs.

Margot : Selon toi, quel est le critère responsable le moins développé sur le marché à ce jour ?

Emilie : Si je me base sur ma propre expérience, je dirais que c’est tout ce qui touche au recyclage. Le marché de l’occasion est en pleine expansion mais les initiatives visant à réutiliser de la matière recyclée pour faire de nouveaux vêtements sont encore trop rares, l’offre de tissus issus de fibres recyclées est vraiment minime. C’est dommage, car recycler a un impact moins important sur la planète que produire de nouvelles choses, même quand cette production est écoresponsable.

*Manon de Happy New Green porte le haut et la jupe de Carrousel Clothing – Photo Marie Louise de Sight by Sight*

Margot : Quels seraient tes conseils pour quelqu’un qui souhaiterait commencer à se constituer une garde-robe plus responsable ?

Emilie : Il y a plusieurs façons de venir à la mode éthique. Si je devais le faire méthodiquement, je conseillerais de commencer par faire le tri dans sa penderie et se réserver autant de temps que possible pour le faire sereinement. Sortez tous vos vêtements et accessoires et demandez-vous pour chacun si vous le portez, si vous en avez vraiment besoin, s’il vous va vraiment (pas simplement en terme de taille, mais également si les couleurs s’accordent à votre teint et si la forme met en valeur votre morphologie). Mettez de coté et débarrassez-vous de tous ceux qui ne vous plaisent pas vraiment. Ensuite, rangez à nouveau votre penderie, qui devrait être vraiment allégée et déterminez quelques pièces qui vous manquent pour la compléter. Donnez-vous 3 mois ou 6 mois pour les trouver, sans n’acheter rien d’autre. C’est à cette occasion que vous pouvez faire vos premières recherches sur les marques éthiques et les plateformes de mode éthique comme Dressing Responsable. Vous trouverez certainement des marques que vous adorerez car aujourd’hui, l’offre répond vraiment à tous les gouts et tous les styles.

Ceci étant dit, certaines personnes commencent sans se poser trop de questions en découvrant des marques éthiques au fil de leurs sorties shopping ou de leurs recherches sur le net et se détournent petit à petit des grandes chaines. D’autres vont avoir une réaction beaucoup plus brutale en faisant une vraie detox de la fast-fashion. Chacune doit faire selon ses envies, son ressenti, encore une fois, nous sommes toutes différentes et ce que je ne veux surtout pas, c’est culpabiliser les autres. C’est le meilleur moyen de leur donner l’envie de ne rien changer du tout !

Margot : Dressing Responsable est une boutique de vente en ligne de vêtements et accessoires pour femme ainsi qu’une plateforme de conseils shopping. As-tu d’autres perspectives d’évolution pour 2017 ?

Emilie : En 2017, je souhaite étendre l’offre de marques éthiques présentes sur l’eshop et atteindre une centaine de marques représentées pour proposer plus de références et d’autres produits tels que des chaussures et permettre à chacune de trouver son bonheur quelques soient ses convictions, que l’on cherche des vêtements bio, made in France ou vegan.

Je souhaite également refaire une ou plusieurs boutiques éphémères, l’expérience de juin 2016 ayant été très positive et commencer à créer une équipe autour de moi pour m’aider !

De plus gros projets sont en prévision pour 2018, je vous en parlerais le moment venu.

Merci Emilie d’avoir répondu à toutes mes questions et d’avoir partagé une partie de ton expérience avec nous !
Les filles, si vous recherchez des vêtements éthiques, je vous conseille donc Dressing Responsable !

RDV le jeudi 2 mars pour découvrir la prochaine Discussion Durable! Et en attendant, allez voir l’interview avec Natalie du blog Sustainably Chic.